Un médecin spécialiste souhaite expliquer son activité sur son site, répondre à des questions fréquentes en vidéo ou participer à une émission. Comment construire une présence professionnelle cohérente tout en respectant les règles marocaines ?
Le sujet demande de préciser ce que l’on attend du marketing médical. La qualité des explications, la présentation du parcours et la cohérence des contenus peuvent aider le public à comprendre une spécialité. Une stratégie conçue pour provoquer des prises de rendez-vous par des promesses ou de l’autopromotion pose une autre question.
Pour le médecin, le personal branding doit donc partir du cadre de sa profession et de l’information utile au public.
Partir de la mission du médecin
L’article 2 de la loi n° 131-13 rappelle que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce et protège notamment la dignité et l’intimité du patient. Ce cadre doit orienter les objectifs de communication. Loi relative à l’exercice de la médecine.
Pour préparer une stratégie éditoriale, commencez par des questions de compréhension : le public saisit-il le rôle de la spécialité ? Le vocabulaire employé est-il accessible ? Les informations présentées permettent-elles de mieux préparer un échange avec un professionnel de santé ?
Ces objectifs donnent une direction au travail de rédaction, de vidéo et de présentation du médecin.
Connaître les repères déontologiques marocains
Le décret n° 2-21-225 du 17 juin 2021 fixe notamment ces repères :
- Article 21 : sensibilisation scientifique sans autopromotion ni rabattage ; collaboration médiatique régulière à signaler à l’Ordre.
- Article 23 : le médecin ne doit pas tolérer l’utilisation publicitaire de sa qualité ou de sa réputation.
- Article 24 : titres reconnus et obtenus.
- Article 26 : informer le Conseil régional à la création d’un espace professionnel en ligne ; publicité et attraction des patients exclues.
- Articles 27 et 28 : site à dénomination encadrée ; identité, spécialité d’inscription, diplômes, parcours et informations éducatives parmi les mentions autorisées.
- Article 11 : secret professionnel.
Le texte impose d’informer le Conseil régional, sans instaurer un visa préalable général de chaque publication. Code de déontologie, articles précités.
Construire une ligne éditoriale propre à la spécialité
Le travail de personal branding peut commencer par un inventaire des questions que le public comprend mal. Classez-les par thèmes, puis choisissez celles qui peuvent recevoir une explication générale, sans examiner une situation individuelle.
Voici des pistes de sujets à faire cadrer par le médecin :
| Spécialité | Piste de contenu pédagogique |
|---|---|
| Cardiologie | Expliquer le déroulement général d’une consultation |
| Dermatologie | Présenter le vocabulaire utilisé lors d’un examen de la peau |
| Ophtalmologie | Expliquer les rôles des différents examens de la vision |
| Rhumatologie | Aider à organiser les documents utiles à une consultation |
Pour chaque sujet, retenez une seule question. Préparez les termes à expliquer, un support visuel simple et une conclusion qui résume l’information transmise. Le spécialiste détermine les nuances et les limites nécessaires.
Une série courte et cohérente permet aussi de conserver un niveau de qualité compatible avec le temps de validation disponible au cabinet.
Adapter les formats et le langage au public
Une vidéo peut partir d’une question formulée simplement, puis avancer en deux ou trois étapes. Un article peut développer davantage les définitions et renvoyer vers les sources scientifiques pertinentes.
Choisissez la langue selon le public concerné et l’aisance du médecin : darija, arabe ou français, avec des sous-titres lorsque cela facilite la compréhension. Faites relire les traductions médicales par une personne compétente.
Prévoyez également le traitement des commentaires. Pour les demandes individuelles, préparez une réponse qui oriente vers un cadre de consultation adapté, sans interpréter publiquement des symptômes ou des examens.
Écarter les recettes commerciales inadaptées
Dans la méthode éditoriale proposée ici, nous recommandons d’écarter les classements de praticiens, les accroches alarmistes et les promesses de résultat. Une formule comme « le meilleur spécialiste » ou « un résultat garanti » doit être retirée du brief.
Nous recommandons également de privilégier des schémas et des explications générales plutôt que des témoignages promotionnels ou des montages avant/après. Il s’agit d’une précaution éditoriale : les articles précités ne nomment pas ces deux formats comme des interdictions spécifiques.
Une campagne sponsorisée destinée à attirer des patients vers le médecin entre en conflit avec la limite posée par l’article 26. L’acceptation d’une annonce par une plateforme ne constitue pas une validation déontologique.
Protéger les patients pendant la production
La loi n° 09-08 classe les informations relatives à la santé parmi les données sensibles et encadre la finalité des traitements. Une photo ou un enregistrement peut aussi contenir des données personnelles lorsqu’une personne est identifiable. Loi sur la protection des données personnelles, articles 1 et 3.
Pour préparer un tournage, choisissez une pièce sans dossiers ni écrans patients visibles. Utilisez des supports créés pour l’explication et des exemples entièrement fictifs. Une autorisation de publication ne règle pas à elle seule toutes les questions déontologiques liées à un usage promotionnel.
L’équipe de communication peut préparer le contenu sans recevoir les dossiers médicaux. Les questions récurrentes peuvent être reformulées de manière générale, sans transmettre les échanges ou l’histoire d’un patient.
Organiser la validation avec le médecin
Avant de produire, définissez un circuit de travail :
- Choisir la question et les sources scientifiques.
- Faire valider le fond et le vocabulaire par le spécialiste.
- Préparer les images, la traduction et les sous-titres.
- Relire le montage complet, sa miniature et sa légende.
- Conserver la version validée et prévoir sa mise à jour.
La vérification doit porter sur l’ensemble du contenu. Une miniature ou une légende ajoutée au dernier moment peut modifier le sens d’une explication. Un dispositif ambigu mérite d’être examiné avec le Conseil régional ou un conseil juridique compétent avant sa diffusion.
Cadrer votre communication médicale
Attraktiv Agency peut accompagner la préparation des sujets, la rédaction et la production de contenus. Le projet doit intégrer dès le départ la validation médicale et les vérifications déontologiques propres au dispositif retenu.